Une innovation pharmaceutique graduelle sous-estimée

Un rapport de l’Institut Economique Molinari (IEM), récemment mis en ligne, souligne le paradoxe entre la mauvaise image dont bénéficie l’innovation graduelle ou incrémentale dans le domaine pharmaceutique, au regard des bénéfices qu’elle apporte.

 

 

Des traitements « boudés » …

Selon l’étude, « certains traitements représentant des innovatio­ns graduelles sont appelés souvent à tort des médicaments « copies » ou « me-too » ».

Dans un contexte de réformes au sein du système de santé, le caractère innovant de ces derniers médicaments est parfois critiqué et leur commercialisation se trouve «découragée» par les pouvoirs publics. « De telles politiques vont tout simplement à l’encontre de la logique du progrès technologique, quel que soit le secteur ou l’époque considérés. Elles ignorent les avantages de l’innovation graduelle », souligne le rapport de l’IEM.

… pourtant l’innovation incrémentale comporte des avantages thérapeutiques

L’Institut Économique Molinari insiste sur le fait que l’innovation graduelle présente des avantages thérapeutiques. Selon le rapport, contrairement aux médicaments génériques, « les médicaments issus de l’innovation graduelle ont des molécules, un profil, une posologie, un dosage, une rapidité d’action ou un métabolisme différents. »

De plus face aux nouveaux médicaments « pionniers », qui sont perfectibles et peuvent présenter des défauts, les médicaments issus de l’innovation graduelles « jouent un rôle important dans le développement pharmaceutique et biologique » comme le soulignent les deux scientifiques A. Gelijns et N. Rosenberg cités en référence dans le rapport de l’institut Molinari. Ils comportent parfois moins d’effets secondaires que les traitements pionniers et peuvent être mieux tolérés par les patients.

D’autre part le rapport insiste sur le fait que l’innovation graduelle permet d’améliorer la qualité de vie des patients au quotidien grâce à une plus grande facilité d’emploi du fait de nouvelles formes galéniques plus appropriées menant de ce fait à une meilleure observance des traitements.

L’Institut attire l’attention sur le fait que « près des deux tiers (63%) des médicaments considérés en 2005 comme essentiels par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont en fait issus de l’innovation graduelle. »

…et des avantages économiques 

Selon l’étude, en diminuant les effets secondaires (vertiges, vomissements, troubles digestifs, douleurs, etc. ) les médicaments issus de l’innovation incrémentale améliorent le bien être général des malades en leur permettant d’être plus productif plus rapidement et en limitant les coûts parallèles de traitement des effets indésirables (anti-douleurs, anti-nausées etc…)

L’Institut ajoute aussi qu’alors qu’aucune industrie ne peut survivre grâce aux revenus provenant uniquement d’innovations majeures, l’innovation pharmaceutique graduelle assure la continuité des revenus des laboratoires permettant par ailleurs d’investir dans la R&D ou dans l’innovation radicale.

L’étude de l’IEM conclut que les politiques qui visent à pénaliser cette innovation et à obliger les laboratoires à ne commercialiser que des médicaments « pionniers » ont un effet paradoxal : « au lieu de favoriser leur mise au point, elles la freinent aux dépens des patients »

Pour en savoir plus :

Les avantages de l’innovation pharmaceutique graduelle – Institut Economique Molinari

Crédit photo : Leem